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Docteur Huppert et « Madame Hyde »

le - - Culture et loisirs

Docteur Huppert et « Madame Hyde »
Romain Duris et Isabelle Huppert

Le film a été tourné dans le Rhône à Oullins, à Saint-Genis-Laval (hôpital Henry Gabrielle) et à Lyon 8e (lycée Louis Lumière) à l'automne 2016 et coproduit par Auvergne Rhône-Alpes Cinéma. C'est l'une des meilleures réussites du début de l'année. Détails.

Voir Romain Duris déambuler en proviseur à mèche sur l'œil et costumes colorés, cela vaut le déplacement, mais Isabelle Huppert (Madame Géquil) en prof de lycée de banlieue, petite chose fragile devant une classe de loulous intenables, cela vaut les 11,90 € de la place plein tarif adulte. L'actrice a d'ailleurs récolté un énième prix d'interprétation au festival de Locarno. Serge Bozon, cinéaste qui fut lui-même prof chahuté, s'en sort très bien, avec une fiction totale, une comédie avec incursion dans le fantastique, le tout pour servir un film d'où l'émotion transpire, dans un style entre un Mocky soft et un Laurent Cantet (Entre les murs) sans le côté lourdingue. Passer par la fiction pour arriver à prouver quelque chose sur l'école et l'instruction, c'est plus fortiche que de passer par un vrai-faux docu sur les mômes qui parlent mal, et ne pensent pas. Tout l'inverse du très profond et très excellent message de Madame Hyde, la prof de physique : prendre un détour pour arriver à destination est parfois un bien meilleur chemin. José Garcia en mari modèle, qui passe sa vie d'homme au foyer à faire de bons petits plats à son épouse, donne aussi de savoureux moments. Le dénouement que l'on ne dévoilera pas ici laisse-t-il de l'espoir sur le rôle éducateur et salvateur de l'école et du professeur d'aujourd'hui ? Certes oui mais sans euphorie.

Serge Bozon, qui revisite R.L. Stevenson, confirme son appétence pour les petits détours par le style pour mieux servir le cinéma, il a déclaré pour le site d'Auvergne-Rhône-Alpes-cinéma : « Je n'aime pas les films réalistes. S'il n'y a pas de stylisation, je m'ennuie. Alors cela se retrouve partout : dans la musique, dans les paroles du rap, dans les personnages de la voisine, dans la lumière de la maison des Géquil, dans le mixage des scènes de classe… Ce qui m'excite c'est d'affronter les problèmes de la réalité (racisme, école, banlieue…), mais par la stylisation. Car la stylisation permet d'aller à l'essentiel au lieu de se perdre dans les petites nuances du vraisemblable. Une mise en scène non réaliste mais faite sur le réel, le réel architectural avec des volumes géométriques comme dans les couloirs du lycée, avec tous ces rectangles, losanges, triangles... en bas-relief ! Et la proximité des tours aussi qui permet une prégnance non spectaculaire de la banlieue ».

Madame Hyde, de Serge Bozon, avec Isabelle Huppert, José Garcia, Romain Duris




Eric SÉVEYRAT
Journaliste

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